Articles

Affichage des articles associés au libellé Vincent midolo

Sous le pont

Image
© photo Vincent Midolo J’apprends à lire dans les nuages. J’aime les ciels comme aujourd’hui, plein de formes bizarres et dans chacune une histoire. Un bon génie sort d’une lampe, il se transforme en dragon, un chat géant court dans la forêt et dans le grenier de la chaumière, des souris dansent. Le temps passe vite quand je lis dans le ciel. Je n’aime pas les jours gris. Je m’ennuie. Alors ces jours-là, je m’entraîne à écrire sur le fil électrique. Comme une ligne tracée dans le ciel où je m’applique à poser mes lettres du bout de mon doigt. J’essaye de me souvenir de ce que le vieux disait - les boucles, fais attention aux boucles et ne lève pas ton stylo tant que tu ne les pas finies. Quelquefois j’ai le doigt raide à force de répéter le geste. Après, je regarde mes lettres s’envoler dans le ciel. Je me demande où elles partent. Elles me font penser aux hirondelles quand elles s’élancent vers le soleil. Je rêve qu'elles m'emmènent avec elles. Quand je me réveille, j’entend...

La pianiste

Image
© photo Vincent Midolo J’écoute Listz ou plutôt je regarde Listz. Il a ce soir le visage d’une femme. Cheveux blonds. Vénitiens. Je vois son profil incliné au-dessus du clavier du piano. Steinway. Je lis les lettres d’or, elles scintillent sur le vernis noir. Les notes vont et viennent, un homme respire fort derrière moi. Silence. La main droite chante a dit la pianiste en préambule, ou bien était-ce la gauche ? Je ne suis pas pianiste. Mouvement. A deux bras de moi, la pianiste a un corps secoué, désarticulé soudain, les jambes possédées, le bras en arabesque. Danse assise au tabouret. Ce pourrait être le titre d’un tableau. Je penche vers la gauche. La courbe du piano. J’entraperçois le clavier, la main droite court sur les touches. Dominos blancs, crénelage noir. J’entends un cœur qui bat. Le mien. Une larme sur ma joue. Et c’est à ce moment qu'apparaît la photo. Fabienne Boidot-Forget  26 janvier 2025  Texte écrit dans le cadre  de l'atelier d'écriture d'Alexandr...

Fraxinelle

Image
  © photo Vincent Midolo Un silence de cendre Étouffe le monde, carbonisé Un voile noir a éteint Les torches, crépitantes Un suaire gris s’est couvert De poussières, asphyxiantes Et là, surgit entre deux planches, Les branches en croix, Un pauvre, survivant Un arbuste, combattant dans ce silence de cendre Mais aucune voix ne s’élève du buisson ardent Fabienne Boidot-Forget 12 janvier 2025 Texte écrit dans le cadre  de l'atelier d'écriture d'Alexandra Koszelyk D'après la photo de Vincent Midol o